Aurélien Barakat : Créer des quartiers résidentiels attrayants

Aurélien Barakat : Créer des quartiers résidentiels attrayants

La Suisse n’est pas encore entièrement construite

Un changement est nécessaire : dans les zones urbaines, tout le monde connaît des familles qui cherchent depuis longtemps un logement plus spacieux mais abordable, sans parvenir à en trouver. Et de nombreuses personnes âgées, dont certaines vivent seules, ont de plus en plus de mal à s’occuper de leur maison devenue trop grande. Jusqu’à présent, très peu de solutions ont permis de remédier à la pénurie de logements.

 

Cette pénurie ne résulte pas seulement d’un manque de construction, mais aussi de l’augmentation de nos exigences. En d’autres termes : nous vivons dans des espaces bien plus grands que les générations précédentes. Nous sommes également une société comptant une proportion considérable de couples sans enfants et de célibataires.

La Suisse a décidé de densifier ses centres-villes, plutôt que de continuer à bétonner de plus en plus d’espaces verts. Nous devons désormais mettre en œuvre ce choix stratégique. Dans différentes villes, il existe encore des friches inexploitées ; on pourrait surélever les immeubles et réaffecter des bureaux vacants ou d’anciens bâtiments industriels.

 

Des études universitaires montrent que la densification urbaine est réalisable. Les riverains y sont favorables à condition que deux conditions soient remplies : premièrement, les transformations et les nouvelles constructions doivent respecter des critères écologiques et, deuxièmement, il faut également créer des logements abordables.

 

Il faut inverser la tendance

« Mais ce sont aussi les procédures très chronophages et fastidieuses qui retardent les chantiers et découragent les investisseurs », déclare Aurélien Barakat, conseiller municipal en Ville de Genève et président du PVL GE. « C’est là que la politique doit prendre des mesures fortes pour inverser la tendance. »

 

L’objectif du PVL est que la Suisse entre dans une nouvelle ère de développement actif du logement. Nous voulons créer des quartiers neutres en émissions carbone dans différentes villes et offrir ainsi aux familles et aux jeunes la perspective d’un logement attrayant à proximité de leur lieu de travail, tout en mettant un terme à l’étalement urbain. Cette politique doit aussi intégrer l’accès à la propriété pour la classe moyenne.

 

Un devoir d’agir

La Suisse n’est pas encore entièrement construite. Les générations qui nous ont précédés ont exploité les Alpes, creusé des tunnels, construit des lacs de barrage et mis en place le réseau ferroviaire le plus dense au monde. Elles ont ainsi créé les conditions idéales pour garantir une qualité de vie élevée et la prospérité des générations futures. Pour le PVL, cela constitue une incitation et un devoir d’agir de la même manière dans ce qui est actuellement le plus grand chantier permanent : la construction de logements. C’est précisément dans les zones urbaines que le potentiel reste inexploité. Nous devons aux générations futures de mettre en valeur ces friches. Nous leur devons cet effort de construction. Les villes doivent offrir aux jeunes familles des logements attractifs sur les plans financier, de la mobilité et de l’environnement, et continuer à offrir un foyer à leurs enfants et petits-enfants pendant encore longtemps. « C’est ainsi que nous créons un véritable projet d’avenir », déclare Aurélien Barakat.

 

Aujourd’hui, les jeunes ménages doivent consacrer environ un tiers de leurs revenus au loyer lorsqu’ils entrent dans la vie active. Dans les années 1990, ce chiffre n’était encore que d’un cinquième. Les jeunes adultes restent de plus en plus longtemps chez leurs parents – pas toujours de leur plein gré, mais souvent parce qu’ils n’ont pas d’autre choix sur le plan financier. De Genève à St. Gall, nous voulons créer des quartiers résidentiels attrayants à des prix abordables.