Une large alliance met en garde contre l’initiative de l’UDC : « Un plafond rigide conduirait au chaos »

Une large alliance met en garde contre l’initiative de l’UDC : « Un plafond rigide conduirait au chaos »

Une large alliance composée de représentants politiques et économiques met en garde contre les conséquences désastreuses de l’« initiative pour la durabilité » lancée par l’UDC. Cette initiative imprudente exige de limiter la population résidante permanente de la Suisse à 10 millions de personnes. Les opposants sont unanimes : ce plafond rigide conduirait au chaos d’ici trois à quatre ans. Il menacerait la prospérité, la sécurité et l’approvisionnement de notre pays. De plus, il remettrait explicitement en cause les accords bilatéraux. Dans un monde de plus en plus imprévisible, la Suisse a besoin de relations stables, de partenariats fiables et de règles claires.

L’incertitude est omniprésente : le protectionnisme, les conflits et les bouleversements technologiques posent des défis majeurs à la Suisse. En ce moment précis, la stabilité politique est notre assurance-vie, mais l’initiative chaotique de l’UDC la met en péril. Dès que la population atteindra 9,5 millions d’habitants, le Conseil fédéral devra prendre des mesures radicales. À partir de 2031 environ, les conséquences pourraient être graves : la Suisse deviendrait moins sûre, l’approvisionnement plus rare, les délais d’attente plus longs et le pouvoir d’achat plus faible. Les régions périphériques, les retraités et les entreprises seraient particulièrement touchés par une économie planifiée suisse avec des quotas et de la bureaucratie.

 

Chaos sur le marché du travail : effondrement de l’approvisionnement et économie de pénurie

Sans immigration ciblée, il manquerait de la main-d’œuvre qualifiée, ce qui aurait des conséquences sur la qualité de vie de toutes et tous. Environ 1,7 million d’étrangers soignent, réparent, servent, font de la recherche, s’occupent des personnes, livrent, construisent, nettoient et font ainsi fonctionner la Suisse. La pénurie de main-d’œuvre qualifiée touche particulièrement les secteurs qui connaissent déjà des difficultés. Les hôpitaux, les maisons de retraite et les services d’aide et de soins à domicile ont du mal à trouver du personnel, les opérations sont reportées et les délais d’attente s’allongent. La construction, les transports, la restauration, le tourisme et l’agriculture dépendent également d’une main-d’œuvre qualifiée. En l’absence de celle-ci, les projets sont retardés, les services deviennent plus coûteux ou disparaissent.

 

Chaos bilatéral : moins de prospérité, moins de sécurité

L’initiative de l’UDC met en péril la voie bilatérale et compromet les accords de libre-échange dans le monde entier. En raison de la clause guillotine, son acceptation entraînerait automatiquement la résiliation des accords bilatéraux I et remettrait également en question les accords bilatéraux II, y compris Schengen/Dublin. Cela serait irresponsable sur le plan économique et en matière de politique de sécurité.

L’UE est et reste notre principal partenaire commercial. De plus, sans le système d’information Schengen, la police perdrait son principal outil de recherche. Parallèlement, les contrôles aux frontières, les embouteillages et la bureaucratie risquent de refaire leur apparition. Enfin, cela entraînerait un chaos en matière d’asile : des centaines de milliers de migrants économiques déboutés dans l’UE pourraient déposer une deuxième demande en Suisse.

 

Chaos à l’AVS

L’initiative ignore la réalité démographique. Notre population vieillit rapidement : chaque année, plus de 20 000 personnes quittent déjà le marché du travail sans être remplacées par des jeunes. Parallèlement, le financement de l’AVS est soumis à une pression encore plus forte sans les immigrants. Si moins de personnes actives cotisent, le rapport entre les cotisants et les retraités continue de se détériorer. Conséquence : des cotisations plus élevées ou des réformes supplémentaires.

L’initiative chaotique ne résout aucun problème, mais en crée de nombreux nouveaux. En ces temps incertains, la Suisse a particulièrement besoin de relations stables, de règles fiables et d’une gestion pragmatique de l’immigration. Une large alliance issue des milieux économiques et politiques recommande donc de voter clairement NON le 14 juin.

 

NON à l’initiative chaotique – Voix de la large alliance :

Benjamin Mühlemann, conseiller aux États et coprésident du PLR : « En imposant un plafond rigide à l’économie, on risque d’augmenter les coûts et de réduire les prestations. C’est une atteinte au contrat entre les générations. »

Yvonne Bürgin, conseillère nationale et présidente du groupe parlementaire Le Centre :

« Les préoccupations relatives à l’évolution démographique méritent des réponses sérieuses. Cependant, un plafond rigide empêcherait précisément l’arrivée des travailleurs qualifiés dont nos entreprises ont besoin. »

Lukas Kurmann, conseiller communal (PLR) à Aadorf, directeur d’un centre pour personnes âgées : « Dans la lutte pour le personnel soignant, les régions périphériques seront les grandes perdantes. Les coûts augmentent – et ce sont les contribuables et les assurés qui paient. »

Nik Gugger, conseiller national PEV : « Un plafond rigide n’a rien à voir avec la durabilité. Il relève de l’économie planifiée et de la bureaucratie. »

Pierre-Yves Bonvin, PDG d’une entreprise industrielle orientée vers l’exportation : « Pour STEIGER PARTICIPATIONS SA, la libre circulation des personnes n’est pas un concept théorique, mais une nécessité existentielle. Sans elle, mon entreprise ne pourrait plus produire en Suisse. »

Cédric Guillod, conseiller communal à Mont-Vully et vigneron : « Cette initiative complique le recrutement de personnel, réduit notre capacité de production et augmente notre dépendance vis-à-vis des importations. Cela n’a rien à voir avec la souveraineté alimentaire, c’est exactement le contraire. »

Jacqueline de Quattro, conseillère nationale PLR : « Tout comme l’hôtellerie et la restauration, le tourisme dépend d’une main-d’œuvre bien formée. Cette initiative met en péril aussi bien le restaurant du coin que le café du village ou l’hôtel de montagne. »