« Les admirateurs de Trump ont pris les commandes au sein de l’UDC » s’exprimait Jürg Grossen, président du PVL Suisse, en ouverture de l’assemblée des délégué·e·s virtuelle du Parti, qui s’est tenue aujourd’hui. À ses yeux, il est inexplicable que l’UDC se prosterne devant le président américain, alors même qu’il nous impose des droits de douane de 39%. En même temps, le plus grand parti du pays peint le diable sur la muraille concernant les Bilatérales III qui, elles, permettent justement d’éviter que notre principal partenaire commercial nous impose ses lois, a ajouté M. Grossen.
Mais quelles seront les conséquences de ces taxes douanières pour la Suisse et que pouvons-nous faire ? Le président de la faîtière de l’industrie technologique Siwssmem, Martin Hirzel et Stefan Legge de l’Université de Saint-Gall ont apporté des éléments de réponse à ce sujet aux délégué·e·s du PVL. Le dernier cité soulignait dans sa présentation l’importance qu’ont pour la Suisse les trois grands partenaires commerciaux que sont l’UE, les EUA et la Chine et à quel point il est essentiel de conclure des accords de libre-échange avec de nouveaux États. Le président de Swissmem a, quant à lui, mis en garde qu’« un quart des entreprises doit craindre une perte de leurs activités américaines ». Les grandes entreprises pourraient à moyen-terme délocaliser leur activité en lien avec les États-Unis, tandis que les PME tenteront de l’adapter à de nouveaux marchés ou mettront en place des coopérations avec des entreprises partenaires américaines. « Tout cela coûte du temps et de l’argent ! », a expliqué M. Hirzel. Pour lui également, la conclusion des Bilatérales III est devenue d’autant plus importante. La faîtière soutient le nouveau paquet d’accords.
À la vice-présidente du Parti, Céline Weber, d’ajouter : « Plus que jamais, nous devons mettre en avant les solutions que nous avons toujours préconisées pour notre économie, afin d’aider nos entreprises dans ce contexte difficile : innovation, accords bilatéraux avec l’Union Européenne, accords de libre-échanges, extension du chômage partiel, etc. ». La conseillère nationale vaudoise a également insisté sur le fait que la Suisse ne peut pas se permettre de s’isoler dans le monde tel un fameux village de bande-dessinée : « si les gaulois d’Astérix ont la potion magique et peuvent se permettre le Alleingang, la réalité que nous vivons ici en Suisse est bien différente. Ainsi il est dans notre intérêt de soigner nos relations avec des voisins qui, eux, partagent les mêmes valeurs que nous. »
Pour terminer, Mme Weber a tenu à répondre aux opposant·e·s des nouveaux accords avec l’UE : « Penser que nous serons plus souverains en refusant les accords est un leurre. Cela aura au contraire pour conséquence de nous mettre encore plus à la merci des grandes puissances, de nous reléguer au rang de simples observateurs qui subissent. Refuser les accords, ce n’est pas garantir plus de souveraineté, c’est accepter de devenir un État de seconde zone, et laisser nos enfants en payer les pots cassés, en abandonnant notre responsabilité. Car non, on ne devient pas plus souverain parce qu’on est plus nombriliste. ».