Les Vert’libĂ©raux ont activement participĂ© Ă l’Ă©laboration de l’initiative parlementaire 20.433 « Renforcer l’Ă©conomie circulaire en Suisse » au sein de la CEATE-N. La rĂ©vision de l’OLED et de l’OEm constitue une Ă©tape importante dans la mise en oeuvre des modifications correspondantes de la loi sur la protection de l’environnement, afin de renforcer l’Ă©conomie circulaire.
Le PVL salue la direction prise par le Conseil fĂ©dĂ©ral, consistant Ă traiter la problĂ©matique des dĂ©chets et des emballages, et prioriser la valorisation matière Ă la valorisation thermique. Nous saluons l’ancrage explicite de l’obligation de sĂ©parer les dĂ©chets organiques de leurs emballages, car cette clarification favorise une valorisation matière de qualitĂ© et permet de rĂ©duire la prĂ©sence de microplastiques dans les composts. La rĂ©vision garantit la sĂ©curitĂ© juridique des entreprises concernĂ©es et rĂ©duit la mosaĂŻque rĂ©glementaire constituĂ©e par les diffĂ©rentes rĂ©glementations cantonales et communales. Il convient Ă©galement de souligner que la date d’entrĂ©e en vigueur fixĂ©e au 1er janvier 2028 constitue un horizon temporel rĂ©aliste. Les lacunes actuelles, telles que l’absence de solution de recyclage pour les dĂ©chets plastiques industriels, pourront ainsi ĂŞtre comblĂ©es d’ici lĂ . Enfin, il est Ă©galement Ă saluer que le Conseil fĂ©dĂ©ral prĂ©sente une proposition nationale s’agissant du littering et de l’élimination illĂ©gale de grandes quantitĂ©s de dĂ©chets urbains.
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Nous regrettons cependant que la rĂ©duction des dĂ©chets continue d’ĂŞtre nĂ©gligĂ©e, tant dans l’OLED que dans l’OEm. Il manque notamment des objectifs quantitatifs et clairs Ă cet Ă©gard, et il n’y a aucun incitatif Ă utiliser moins d’emballages, si ce n’est pour le suremballage. L’intĂ©gration d’objectifs visant Ă Ă©viter les dĂ©chets serait cohĂ©rente avec l’art. 10h, al. 2 de la loi rĂ©visĂ©e sur la protection de l’environnement (LPE), dans lequel le Parlement a stipulĂ© que le Conseil fĂ©dĂ©ral devait soumettre des objectifs qualitatifs et quantitatifs en matière de ressources. Des objectifs quantitatifs ont un effet de signal, crĂ©ent des incitations Ă prendre des mesures et permettent d’évaluer l’effet de ces dernières. En effet, prioriser une valorisation matière des dĂ©chets et/ou des emballages, c’est bien, rĂ©duire la quantitĂ© des dĂ©chets et/ou emballages, c’est mieux et c’est surtout prioritaire. Typiquement l’OEM vise Ă augmenter le taux de recyclage des emballages en plastique, mais rien n’est fait pour encourager dès le dĂ©part l’utilisation de matières non polluantes dans la fabrication des emballages, voire de totalement se passer de certains emballages. On prend des mesures de fin de chaĂ®ne, plutĂ´t que de s’attaquer au problème Ă la source. Il serait notamment indispensable d’internaliser les coĂ»ts liĂ©s aux dommages environnementaux (gaz Ă effet de serre, polluants atmosphĂ©riques, pollution de l’eau) au moyen de taxes incitatives. La fixation d’objectifs quantitatifs en matière de prĂ©vention des dĂ©chets constituerait une première Ă©tape importante.
En outre, l’ordonnance sur les emballages traite la demande formulĂ©e dans le postulat 24.4378 « Emballages. CrĂ©ation de conditions-cadres favorisant leur rĂ©utilisation », transmis au Conseil fĂ©dĂ©ral. Ă€ cet Ă©gard, les valeurs minimales fixĂ©es pour le taux de rĂ©cupĂ©ration, soit 60 % en 3 ans, puis 80 % en 5 ans, selon l’art. 17, al. 4, let. e de l’OEm, sont totalement irrĂ©alistes et peu propices Ă la mise en place de solutions innovantes. En effet, non seulement il faut changer les habitudes des consommateurs (qui avaient l’habitude de rapporter les bouteilles vides Ă la dĂ©chetterie plutĂ´t que dans un point de collecte tel qu’un point de vente), mais en plus, pour certains produits qui se gardent plusieurs annĂ©es, comme le vin par exemple, une limitation de 3 ans, resp. 5 ans, n’a aucun sens. Étant donnĂ© que les bouteilles rĂ©utilisables ne sont pas nĂ©cessairement plus lourdes que les bouteilles Ă usage unique, mĂŞme un taux de rĂ©cupĂ©ration de 10 % est prĂ©fĂ©rable Ă un taux nul. Nous demandons donc que le taux de rĂ©cupĂ©ration soit fortement rĂ©duit afin de ne pas rendre impossible dès le dĂ©part la mise en place d’un système de consigne.
Afin de garantir l’efficacitĂ© du recyclage du plastique, le PVL demande en outre que l’art. 6 de l’ordonnance sur les emballages (OEm) soit complĂ©tĂ© par un al. 5 supplĂ©mentaire. Celui-ci doit stipuler explicitement que, compte tenu des prescriptions fĂ©dĂ©rales Ă©noncĂ©es aux al. 1 et 2, les taxes cantonales et communales anticipĂ©es sur l’Ă©limination ne sont pas admissibles tant que les objectifs fixĂ©s sont dĂ©passĂ©s. Ă€ l’art. 6, al. 1, de l’OEm, le Conseil fĂ©dĂ©ral fixe le taux de valorisation des emballages Ă usage unique en plastique soumis Ă l’obligation de reprise Ă au moins 55 % ou peut, en cas de non-respect de cette exigence, prĂ©lever une taxe d’Ă©limination anticipĂ©e conformĂ©ment Ă l’al. 2. Il fait ainsi usage de sa compĂ©tence, raison pour laquelle les rĂ©glementations cantonales et communales ne sont pas admissibles conformĂ©ment Ă l’art. 65, al. 1, LPE. Nous proposons de le stipuler explicitement Ă l’art. 6, al. 5, afin de promouvoir un système harmonisĂ© Ă l’Ă©chelle nationale. Une solution nationale pour le recyclage des emballages plastiques Ă usage unique est judicieuse, car elle permet de mieux atteindre les Ă©conomies d’Ă©chelle nĂ©cessaires Ă un recyclage efficace et durable. Les Vert’libĂ©raux continueront Ă s’engager pour que le Conseil fĂ©dĂ©ral fixe des objectifs ambitieux en matière d’Ă©conomie circulaire et l’Ă©valueront Ă l’aune de ces objectifs.